Brève pause en Pologne

Pologne, mai 2016

C’est en 1978 que je me suis rendu en Pologne pour la dernière fois. Depuis, le rideau de fer est tombé. Solidarnosc contribua avec d’autres au changement de régime du pays. La Pologne entra dans l’Union Européenne puis dans l’OTAN. Des milliers de polonais devinrent les « plombiers polonais » dans de nombreux pays d’Europe occidentale. Puis la crise aidant, c’est un régime néo-libéral europhobe qui est au pouvoir depuis peu. Et me voici de nouveau pour un bref séjour de 4 jours dans les villes de Poznan et Krakow.

Quelques vestiges, plutôt oubliés au détour d’un champ ou d’un terrain vague que conservés par goût du patrimoine, me ramènent 38 ans plus tôt. Certains bâtiments sont quasiment restés en l’état de l’époque et font tâche dans certaines rues où la contemporanéité a amené cette architecture froide faite de verre et d’acier et qui semble être l’incontournable pour passer dans l’ère moderne. Le tram est toujours là. Le retard bienfaisant de développement pour les pays de l’est de l’époque a permis de ne pas demolir leur réseau de tram comme nous l’avons fait chez nous, et qui permet au moindre haut fonctionnaire territorial d’inaugurer avec fierté le moindre kilomètre tracé, mais au contraire de développer et moderniser l’existant.

Et la religion ! Toujours aussi présente et semble-t-il aussi puissante que par le passé. En témoignent ce patrimoine immobilier, vaste et bien tenu, ces prélats à l’allure fringuante à Poznan et Krakow.

L’anecdote ; les nombreuses effigies du pape vues ci et là sont celles de Jean Paul II, décédé en 2005. Rien à propos de Benoit XVI, ni du pape François. Logique mais surprenant tout de même.

Et parallèlement, j’ai trouvé une énergie créatrice, qui force les vieux schémas d’une expression artistique un peu figée. L’école polonaise reste pour moi à la pointe en ce qui concerne le graphisme. J’avais vu cela dès mon premier séjour en 1974, et je retouve ce talent sur les affiches de 2016. Une libre entreprise qui a permis l’explosion d’une multitude de lieux de petite restauration ou bars. Sympa. Mais je reste bien dubitatif quant au partage de la richesse générée par cette croissance de la Pologne donnée en exemple. Nous connaissons très bien chez nous depuis longtemps les travers de ce libéralisme à tout va. Le fossé de classe existe bien en Pologne.